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Merci Robert pour cette question que nous prenons très au sérieux, et c'est précisément pour cela que nous avons décidé d'agir plus vite.
En 10 ans, sous l'impulsion du Président de la République, le budget des armées aura doublé, passant de 32 milliards d'euros en 2017 à près de 64 milliards d'euros en 2027.
Mais depuis l'adoption de la loi de programmation militaire en 2023, le contexte mondial s'est encore dégradé. Le Président de la République, chef des armées, en a donc tiré toutes les conséquences. Nous ne pouvions pas attendre 2027 comme cela a été prévu dans le texte. Il fallait adapter notre effort de défense.
C'est pour cela que nous avons anticipé d'un an l'actualisation de la loi de programmation militaire. Cette actualisation vient d'être adoptée par le Parlement en juin dernier. Elle mobilise 36 milliards d'euros supplémentaires d'ici à 2030 pour renforcer la préparation de nos armées, leurs équipements et leurs capacités opérationnelles.
Le texte concentre ainsi l'effort sur les munitions, mais aussi sur les drones, la lutte anti-drone, l'espace, la guerre dans le champ électromagnétique, l'innovation opérationnelle et la préparation de nos forces.
Vous évoquez, Robert, les munitions. C'était effectivement un enjeu majeur.
Les conflits en Ukraine, au Proche et Moyen-Orient ont montré qu'un conflit moderne en consomme des quantités considérables. C'est tout le sens de l'actualisation de la loi de programmation militaire qui consacre 8,5 milliards d'euros supplémentaires à ce domaine précis. Ces moyens vont nous permettre de recompléter nos stocks tout en répondant à une attente forte de nos soldats, disposer des munitions nécessaires à leur entraînement.
Il ne suffit pas d'avoir des stocks, il faut aussi être capable de produire rapidement et en volume si la situation l'exige. C'est pourquoi nous travaillons main dans la main avec notre base industrielle et technologique de défense, c'est-à-dire nos entreprises de défense. Parce qu'aujourd'hui, la victoire ne se joue pas seulement sur le champ de bataille, mais également sur les chaînes de production.
En un mot, la première arme, c'est l'usine. Soyons concrets avec quelques exemples. La Direction générale pour l'armement a conduit cinq campagnes d'essais de systèmes de lutte anti-drone au printemps et sera en mesure de fournir les armées dès cet été.
Elle a également qualifié le tir d'un canon de lutte anti-drone depuis un hélicoptère, une capacité qui a été immédiatement déployée au Moyen-Orient. Plus récemment encore, elle a qualifié le tir de roquettes guidées laser depuis le Rafale. Ces innovations permettent de diversifier nos moyens d'action avec des solutions réactives moins coûteuses, adaptées à des menaces, comme les drones Shahed, qui sont produits en très grande quantité et à faible coût.
Vous évoquez également notre dépendance vis-à-vis de la Chine ou des Etats-Unis. Alors bien sûr, notre objectif n'est pas l'autarcie. Nous assumons des dépendances lorsqu'elles sont choisies et maîtrisées dans un contexte de souveraineté.
En revanche, nous devons préserver et développer les technologies et les capacités critiques qui garantissent notre liberté d'action. C'est tout le sens de la relocalisation de certaines productions stratégiques. Nous venons de recréer une filière de fabrication de poudres propulsives en France.
Nous relocalisons une production nationale de munitions de petit calibre avec une usine dans la Drôme. Nous développons des filières souveraines, notamment pour les drones, et nous sécurisons nos approvisionnements en composants critiques. C'est cette logique de souveraineté qui guide toutes les décisions que nous prenons aujourd'hui.
Voilà, cher Robert, chaque jour, vous le voyez, nous préparons nos armées à l'hypothèse d'un conflit majeur pour préserver la paix. Car notre responsabilité est de préparer le pays avant qu'une crise ne survienne, pas lorsqu'elle est déjà là. Cela exige des armées bien équipées, bien entraînées, capables de durer dans le temps et soutenues par une industrie forte.
C'est tout le sens du cap que nous tenons.