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Sur Agora, une question de monsieur ou madame Lecourt - j'espère ne vexer personne ! - sur : "les adultes de demain en 2035 ou en 2050, ce sont les enfants d'aujourd'hui, comment privilégier leurs intérêts dans un système démocratique court-termiste et surtout numériquement défavorable ?"
Une question compliquée mais qui dit en fait, je crois, comment on doit prendre en compte mieux le long terme dans les décisions publiques.
Alors c'est vrai que c'est difficile parce qu'on a tous, comme citoyens, comme électeurs, un biais pour ce qui nous concerne, pour l'actualité immédiate et on doit réussir à réfléchir à des questions qui pèsent sur le long terme : la question du changement climatique, la question de la démographie...
D'abord, c'est la mission qu'on essaye modestement de conduire au Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan, d'illustrer toutes ces questions pour que chacun d'entre nous, nous les prenions en compte. Même si on n'est pas concerné directement, nous avons des enfants, des neveux, des nièces qui comptent pour demain et on a envie de leur laisser un monde habitable, une France mieux développée, plus prospère, plus juste.
Donc je pense que quand on est mieux informé sur le défi démographique - on est en train de perdre de la population, par exemple - sur les conséquences dramatiques du changement climatique, on agit mieux en tant que citoyen, aussi pour les générations futures.
Et puis il y a des réflexions un peu plus créatives, des gens qui disent, par exemple, qu'on doit avoir un bulletin de vote aussi au nom de ses enfants parce que quand on a des enfants ou pas d'enfants, ce n'est pas la même chose et qu'on doit pouvoir peser plus dans la délibération citoyenne quand on a une famille et qu'on représente aussi une nouvelle génération.
Alors je ne suis pas sûr que ce soit très juste dans notre démocratie, mais on peut avoir des systèmes qui associent des jeunes. Je pense, par exemple, au Parlement des Jeunes, à des consultations citoyennes qui peuvent associer des jeunes en dessous de 18 ans. Je crois aussi, c'est ma réflexion personnelle, que la question du droits de vote en dessous de 18 ans, à 16 ans par exemple, au moins pour les élections locales, serait une façon nouvelle d'associer, de donner plus de responsabilités aux générations futures dans un monde qui a beaucoup de défis, j'ai parlé du climat notamment, pour demain.